[…] Cette diarrhée d’utopie, d’espoir, de dérision, de délire s’accommoderait mal d’autre chose que d’une certaine dérision dans le décor, d’une certaine futilité dans les accessoires, d’une certaine éphémérité dans l’ensemble. Nous sommes dans l’insoutenable légèreté de l’être, dans l’éclat de rire nerveux, dans la poésie utopique du premier/dernier indien des Alpes Mancelles.
Cet état délirant de Kiki l’Indien nous semble extrêmement proche de notre génération sans guerre où tout devrait être possible, accessible, où les rêves et les espoirs peuvent enfin s’exprimer sans crainte mais où tout n’en retombe pas moins inexorablement dans la réalité de nos impossibilités à aller au bout de nos visions les plus belles et les plus fortes. Les asiles psychiatriques ne sont plus remplis de femmes hystériques en mal de réalisation sexuelle satisfaisante mais de doux délirants en proie à leurs rêves de bonheur brisés par eux-mêmes. Tout cela est très souriant, presque drôle. Les utopies ne se cognent plus qu’à elles-mêmes : aucun système répressif ne vient plus les empêcher d’exister. Nous sommes libres !
Christine Delmotte
Une coproduction du Théâtre de la Place des Martyrs et de la Compagnie Biloxi avec l’aide de la Commission d’Aides aux Projets Théâtraux du Ministère de la Communauté française.
