Distribution


Avec : Magali Pinglaut, Angelo Bison et Francesco Mormino

Mise en scène : Christine DELMOTTE

Scénographie et costumes : Vincent Lemaire Éclairages : Nathalie Borlée Peintures : Alexandre Obolensky Assistante à la mise en scène : Catherine Ansay Régie générale : Marcel Derwael Régie éclairages : Philippe Brismée ou Serge Naveaux Réalisation du décor : De Muur Réalisation des costumes : Françoise Van Thienen Habilleuse : Martine Bruni

DATES de création


Du 15 septembre au 14 octobre 2000
Au Rideau de Bruxelles
(Bruxelles – Belgique)

 

 

À la lecture des premières pages de ce texte, on pourrait croire que Jon Fosse évoque l'atmosphère paisible d'un monde bourgeois, la quiétude de l'amour à deux. Quand on termine ce texte, on se rend compte qu'il révèle au contraire avec une lucidité impitoyable la morbidité du couple.
Le tableau d'Edvard Munch «Les yeux dans les yeux» l'exprime à sa manière: «C'est la vanité des promesses d'une vie familiale harmo¬nieuse et de la fécondité vitale, symbolisées par la maison à l'arrière plan et l'arbre de vie, au centre, qui est évoquée dans cette scène pathétique d'un couple face à face».
Voilà un couple qui souhaite vivre «seuls ensemble, loin des autres», «seuls l'un près de l'autre».
On lit ces phrases banales et on sent un malaise terrible s'accentuer au fur et à mesure de la déclaration de leur amour. L'angoisse monte et le rejet devient violent de cet enfermement insupportable proposé comme un accomplissement.
Mais le trouble persiste longtemps entre fascination et dégoût pour cette relation: du sacré et de la putréfaction.
L'odeur évoquée du vieux pipi moisi qui sort du pot de chambre achève de nous convaincre de l'irrémédiable catastrophe.
Une violence latente énorme se dégage de cette histoire, une violence malgré les mots banals, de tous les jours.
Les personnages principaux sont hallucinés, blafards et tendus à l'extrême vers leur fantasme amoureux, vers leur amour idéal.

Les mots simples qui échappent n'expriment rien ou presque de l'alchimie souterraine complexe de ces êtres à vif. Tout est là, présent dans le texte et tout reste à inventer sur le plateau puisque les silences prennent autant de place que la parole. Et la parole, ici, est la matière sur laquelle tout se bâtit.

Christine Delmotte, 7 août 2000

Un spectacle produit par le Rideau de Bruxelles