Distribution


Avec : Cathy Boquet, Soufian El Boubsi, Luc Fonteyn, Rosario Marmol Perez, Franscesco Mormino Georges Pirlet

Mise en scène et scénographie : Christine Delmotte

Eclairages et scénographie : Nathalie Borlée Assistanat général : Catherine Ansay

DATES de création


du 7 novembre au 7 décembre 2002
Au Théâtre de la Place des Martyrs (Bruxelles – Belgique)

Prix du Théâtre 2001 – Stanislas Cotton,
catégorie Meilleur auteur dramatique
et Prix de la SACD 2001.

 

 

« Le Sourire de Sagamore », c’est le voyage initiatique entre réel et imaginaire, d’un président de multinationale que le doute vient ronger. Un voyage qui débute dans le matérialisme concret du pouvoir et qui s’achève avec la découverte d’une certaine vanité des choses matérielles. L’apprentissage de la liberté ?

Sagamore, homme d’affaires brillant, yuppie en pleine réussite, cocaïnomane pour le vice, est le héros d’une épopée où le vrai se mêle au surnaturel, l’irréel au réel.
Pendant ce parcours d’initiation épique, ce poème rêvé contant la métamorphose d’un homme d’aujourd’hui, Sagamore rencontre divers personnages singuliers : L’Homme qui sort quand la Dame du Monde est grosse, La Dame qui marche entre les gouttes (elle lui suggère, pour avoir moins mal aux gens, de trouver sa liberté, de vivre hors des passages trop bien cloutés) L’Homme qui cherche Grand Drôle (on apprend qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que bien des choses existent quand on y croit…)
Se détachant des exigences du pouvoir, de l’argent et de la drogue, se libérant de leurs enchaînements, il se glisse lentement dans une autre peau. Il va petit à petit vers le dépouillement, la contemplation, la paix intérieure.

Et s’il ne s’agissait plus de vouloir mettre fin mais de mettre son énergie dans la transformation…

Le sourire de Sagamore

Après la mise en scène de « Bureau National des Allogènes », j’avais envie de travailler à nouveau avec Stanislas Cotton. Et comme il est très heureusement bien vivant, je lui ai demandé un nouveau texte autour d’une thématique qui nous passionne tous deux : le voyage initiatique d’une transformation spirituelle.
J’ ai vu apparaître un beau jour un texte magnifique : « Le sourire de Sagamore »

La langue poétique de Stanislas Cotton continue à me passionner. Son point de vue sur le monde aussi avec un mélange de sérénité et de doute violent , de naïveté et d’acuité intellectuelle. Ces histoires de remise en question de l’être humain et de ses manières de vivre ensemble trouvent des résonances intimes dans le travail de la compagnie Biloxi 48 qui depuis longtemps réfléchit sur les utopies. Et l’utopie de la transformation de soi est sans aucun doute la plus grande et la plus difficile.
Sagamore y parvient et nous sommes heureux de vous raconter son histoire.

Notre travail comme metteur en scène et acteurs sera de plonger dans cet univers foisonnant et d’en restituer visuellement les richesses particulières. Ce poème rêvé est un lieu de poésie et nous voulons en trouver les équivalents scéniques.
L’entrechoquement entre la frénésie, la violence et le dépouillement, la paix intérieure sera un des axes privilégiés de notre travail.
Silence/fracas, lenteur/précipitation, recueillement/distraction…

Une histoire contemporaine avec six acteurs, des marionnettes, des moments de magie, de la pluie et des roses, de la musique tzigane,…
Humour et poésie, critique sociale et utopie sont au rendez-vous.

Christine Delmotte

Extrait du texte

Lucille Rose est endormie sur le sol. Sagamore, à quelques pas, regarde sans doute un tableau.

Sagamore
Des fenêtres sur la liberté
Des portes sur les rêves
Je veux bien te croire Lucille Rose
Dis-le moi encore Dis-le moi quand tu noues tes lèvres aux miennes
Nouer ses lèvres aux lèvres de son désir
C’est courir C’est voler Sagamore
Goûte la liberté
Courir
Allonger la foulée
S’envoler
Il faut que j’apprenne à laisser pousser mes ailes
Voilà bien quelque chose que je ne connais pas Les ailes

Tout à coup le téléphone de Sagamore sonne. Il se précipite vers sa veste et cherche l’appareil en jurant entre ses dents. Il l’attrape et décroche.

Sagamore
Mais doucement Bon sang
Oui
Tu as vu l’heure
Moi non
Mais tout le monde dort ici
Non
Il y a du monde qui dort Voilà
Non je ne suis pas à l’hôtel
Je suis Oh Non Oublie
Quoi

Un temps. Sagamore raccroche. Il remet son téléphone dans sa veste. Il s’avance vers le public.

Anatole me dit que Sommerset s’est tiré une balle dans la tête
C’est ce que je voulais Non
Je ne sais pas si je suis soulagé
Peut-être que je préférais qu’il soit vivant
Pour pouvoir penser à le tuer
Oui Tu peux le dire J’avais fait marche arrière Je sais
Mais
J’ai brisé son empire
Un jeu
C’est une drôle de pensée qu’il s’est tué par ma faute
Tu ne joues jamais toi
Coupable Innocent
Est-ce que je m’en lave les mains
Qui est innocent
Pourquoi faut-il toujours
Pourquoi
Tu as vu la somme de bagages que j’ai à porter
Comment est-ce que je fais pour porter tout ça
Le poids de ma conscience
Et le poids de mon cœur
Quand est-ce que ça s’arrête
Je suis avec elle
Je suis encore dans son corps
Je n’arrête pas de t’oublier
Je n’arrête pas d’oublier que tu te penches sur ma vie
Tu es dans le monde
Le monde me retombe sur le coin de la figure
Tu accoures avec ta monture Le réel
La réalité
Libère-toi du monde Sagamore Libère-toi
Prend la Présidence de ta République
Où ai-je entendu ça
Bien sûr Bien sûr
J’écoute pousser mes ailes
Faute d’envol Je pose un pied devant l’autre et ainsi de suite
Je m’en vais
C’est si simple
Je peux faire le tour de la terre comme ça
En posant les pieds l’un après l’autre.

Lucille Rose gémit dans son sommeil. Sagamore la contemple.

Un spectacle de la Compagnie Biloxi 48
Avec l’aide du Ministère de la Communauté Française et l’aide de la CoCof