« Nous avions dit à Marie-Paule Kumps, Layla Nabulsi, Pascale Tison et Laurence Vielle : « Pour vous, quatre filles ensemble sur un plateau de théâtre, elles parlent de quoi, elles vivent quoi ? »
Nous nous sommes demandé s’il y avait un humour propre à cette époque, des préoccupations particulières, des révolutions à espérer, des passions nouvelles… Nous nous sommes demandés aussi ce que nous voulions savoir sur les filles en cette fin de siècle : Comment elles font l’amour ? Quelles sont leurs idées politiques ? Quel est leur idéal de vie ? Comment elles occupent leurs journées ? Et nous avons reçu des « raconteuses » quatre univers totalement différents que nous allons vous offrir comme quatre nouvelles, quatre prises de contact avec le monde féminin.
Dans ces quatre récits, nous abordons l’histoire de femmes provenant de milieux sociaux différents : de la bourgeoisie au milieu artistique en passant par quatre filles sans domicile fixe pour finie par l’oubli du milieu social pour cause de délire mystique. La progression du spectacle va ainsi du soi-disant plus construit au soi-disant plus déconstruit. Les perles d’humanité et d’amour ne sont pas nécessairement où on pense les trouver. C’est Maud, dans l’histoire des quatre filles sans domicile fixe, qui nous propose la plus belle vision d’un monde nouveau, d’un rêve à réaliser. Tandis que les quatre filles de la bourgeoisie bien pensante sont, elles, dans la haine du père, du travail…
Chaque milieu propose sa géographie mentale, ses sujets de prédilection, ses rapports à l’autre, son apport au monde,… et nous donne à voir une société en mouvement, un univers riche et différent à chaque fois, un patchwork de sensations inattendues et singulières qui dévoilent la vitalité, la complexité et l’humanité du monde féminin. »
Extrait de la pièce
D-ésirée : Quatre de la même couvée
C-hérie : Trois coups sur coups les trois années suivantes
A-ttendue : Maman qui n’en peut plus.
D : On nous met chez notre tante qui n’aime pas les enfants
C : Pendant un an
A : C’est elle qui répétait à qui voulait l’entendre
D (qui imite la tante) : « Moi, un homme comme ça, je sais bien ce que j’ferais »
C : Une sainte femme s’il en est
A : C’est elle qui nous disait, en s’installant au piano
D : « Eh, les chiards, venez là, j’vais vous faire un solo »
C : Et puis elle chantait
ABCD : « Faudrait les lui couper à ce gros saligaud
Les mettre dans un bouillon et les faire cuire à l’eau
Faudrait pendant la nuit un bon p’tit coup d’ciseaux
Et qu’on n’en parle plus. Ca, ce s’rait rigolo. »
Nous sommes quatre filles, de Layla Nabulsi.
Autres extraits : voir dossier du spectacle
Une production de la compagnie Lézards Cyniques En coproduction avec le Centre Culturel Régional de Charleroi et L’L asbl à Bruxelles
Avec l’aide du ministère de la communauté française –Service de la Danse et du Théâtre. Avec le soutien de Parallax.
